Louis de Funès Le Pélerin

Le Pélerin N° 4484 du 3 novembre 1968

Louis de Funès Le Pélerin

Article d'Albert Boitel

A noter : Le même Albert Boitel signe un autre article en 1969 (ici)

Retranscription Intégrale

Albert Boitel a rencontré le « Gendarme »

Des films dont le simple énoncé du titre est pour tous et pour chacun un bon souvenir de joie et de rire : le Gendarme de Saint-Tropez, le Corniaud, la Grande Vadrouille.
Des films champions en 1967, pour le succès et le nombre des entrées : les Grandes Vacances, 553 469 spectateurs à Paris en dix semaines ; le Petit Baigneur et Oscar.
Le film en tête des entrées pour la première semaine d’octobre avec près de 60 000 spectateurs : le Tatoué.
Et toujours un nom : Louis de funès.
Aujourd’hui, Le gendarme se marie promet autant d’&clats de rire pour un très nombreux public.

- Louis de Funès, vous êtes l’acteur le plus demandé, et partant le mieux payé du cinéma : quel est votre secret ?
- Un secret, c’est vite dit… Je fais mon métier de comédien et j’essaie de le faire au mieux dans la bonne vieille tradition du théâtre comique français. Pour moi, le comique naït d’une situation exceptionnelle qui, selon qu’elle est considérée, peut-être aussi bien dramatique que comique. Mais mes personnages sont des reflets burlesques et sympathiques de la vie… Tout comme le gendarme de Guignol a son côté cordial, amicale et humain. Dans mes personnages de patron coléreux, de gendarme chatouilleux, j’aime porter témoignage du côté abusif de certains « petits chefs ».
- Oui, si Louis de funès exprime si souvent la bêtise de ses personnages despotiques c’est bien d’abord parce qu’il aime l’homme.
- Vous savez, en dehors de toutes les écoles, pour un comédien comique, le vrai conservatoire c’est la rue, où je voudrais pouvoir observer continuellement, si la chose était possible.

C’est un fait que Louis de Funès ne peut plus actuellement faire un pas hors de chez lui sans être assailli par la horde amicale des chasseurs d’autographes et de tous ces amis inconnus qui lui racontent… les gags de ses films !

Bousculé, pris dans le tourbillon de la légende de de Funès, grande vedette, châtelain vivant dans un splendide et rigoureux décor Louis XVI d’époque, j’ai essayé de cerné au plus près le succès du gendarme de Saint-Tropez et de ses colères comiques.

Louis de Funès est né à Levallois (NDLR: c’est inexact, il est né à Courbevoie). Il est d’origine espagnole, catholique et d’une famille de lapidaires. Cela l’a amené à se préparer très sérieusement à devenir l’un des trois ou quatre grands fourreurs de la capitale. Puis, il a fait l’école de la photographie, tout comme Pierre Tchernia, et cela l’a amené à connaître parfaitement tout le côté technique du cinéma et ainsi à parfaire aujourd’hui son art.
Au temps des vaches maigres, de Funès fut aussi pianiste de jazz dans des cabarets, mais ses amis savent qu’ile st aussi un très bon musicien classique.
Daniel Gélin lui a offert sa chance au cinéma ; Sacha Guitry, qui l’aimait bien et s’y connaissait en comédiens, nous l’a révélé comme acteur comique ; puis ce furent Robert Dhéry et Jean Giraud (NDLR: Jean Girault), et Gérard Oury…

- Et ce château ?
- On a beaucoup parlé du château de Clermont, au Cellier, en Loire-Atlantique. En fait, ce château est un bien de famille qui a longtemps appartenu aux Maupassant, et ma femme est de la famille du poète.
J’ai trois enfants, l’un deux a lui-même deux enfants (NDLR: Daniel). Je suis donc grand-père. J’ai un autre fils de vingt-quatre ans (NDLR: Patrick) et Olivier que vous avez vu dans les Grandes Vacances. Et ne vous en faîtes pas, je me fais très bien prendre au sérieux par mes enfants.
Oui, le secret de de Funès le voilà : c’est un Monsieur. Un monsieur sérieux qui travaille sérieusement son comique et chacun de ses gags, qui reprend sans cesse un geste, un éclairage, une attitude, qui corrige ses films au montage, qui gomme, qui raccourcit, pour rendre l’effet plus direct, plus percutant.

Le public ne s’y est pas trompé, qui a retrouvé en de Funès un nouveau grand du cinéma !

Par Albert BOITEL

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1 réponse au sujet de “Le Pélerin du 20è Siècle”

  1. [...] A noter : Le même Albert Boitel signe un autre article en 1968 (ici) [...]

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